Extraits

LA  RESISTANCE DANS LE GARD

 

Même s’il est situé loin de la zone de combats, le Gard est entré brutalement dans la guerre le 10 mai 1940 avec le déclenchement de l’offensive allemande : afflux de réfugiés (Nîmes passe en quelques jours de 90 000 à 200 000 habitants), menaces de bombardements après les raids aériens allemands sur la vallée du Rhône, mauvaises nouvelles du front où 1300 Gardois ont trouvé la mort et 16 900 autres faits prisonniers entre le 10 mai et le 22 juin 1940. Dans ce contexte, l’appel de Pétain à cesser le combat le 17 juin 1940, l’annonce de l’armistice signé le 22 juin provoquent dans la majorité de l’opinion gardoise à la fois un immense soulagement (surtout que la convention d’armistice ne prévoit pas l’occupation du Gard) et un terrible désarroi. Si une partie des élites politiques et économiques se rallie au régime de Vichy, le Gard n’en est pas moins considéré comme un des départements les plus difficiles de la zone non occupée par le préfet Angelo Chiappe, nommé à Nîmes en septembre 1940.

En effet, le bassin houiller alésien, au nord du département, reste marqué par l’influence communiste malgré les mesures d’exclusion et d’épuration depuis l’interdiction du PCF en septembre 1939. De plus, malgré les contacts et discussions entre le pasteur Boegner, représentant officieux des Eglises protestantes auprès des autorités vichystes, les protestants, nombreux et influents dans le Gard, se méfient du nouveau régime. Ils lui deviennent de plus en plus hostiles dès les premières mesures visant à détruire les bases du régime républicain et à mettre à l’index certaines catégories de la population (deux pasteurs gardois vont devenir chefs de maquis).

Comme partout, l’aggravation continue des difficultés de ravitaillement et la politique de collaboration ancrent rapidement une part importante de la population gardoise dans une attitude défavorable à Vichy. L’installation des troupes allemandes dans le Gard, à partir du 11 novembre 1942, les lois sur la Relève et le STO, la création de la Milice et ses agissements achèvent de discréditer le régime : le préfet Chiappe se plaint constamment du manque de relais sur lesquels le gouvernement pourrait s’appuyer pour expliquer et justifier sa politique.

Les premiers regroupements

Les premiers actes de Résistance sont d’abord des refus de ralliement au régime : décision politique de Georges Bruguier, sénateur socialiste, qui refuse de voter les pleins pouvoirs à Pétain, acte symbolique d’Auguste Mathieu, secrétaire de mairie à La Vernarède, qui refuse de participer aux cérémonies patriotiques ordonnées par le Maréchal les 25 juin et 14 juillet 1940… De l’automne 1940 à l’été 1942, pour tous ceux qui refusent la situation née de la défaite, l’objectif est double …